Centraliser les voix des jeunes dans le cadre du programme #HerDigitalVisions

par Megan Rylan, Coordinatrice du programme, #HerDigitalVisions

Il est facile de se laisser entraîner dans le tourbillon des médias numériques de nos jours. Il y a toujours quelque chose de nouveau à regarder, à apprendre ou à analyser. La littératie médiatique et numérique est un outil qui doit être constamment aiguisé dans le paysage actuel. Par extension, cela signifie que la création de programmes de littératie médiatique efficaces et stimulants pour les jeunes dans cet environnement exige que les éducateurs en médias se tiennent au courant des tendances émergentes et demeurent à l’affût des questions et des expériences qui touchent le plus les jeunes en ce moment.

L’organisme Access to Media Education Society (AMES) appuie les jeunes qui veulent entrer dans le monde numérique et utiliser les médias pour élever des voix qui sont souvent ignorées ou rejetées. Particulièrement, le programme #HerDigitalVisions aide les filles qui s’auto‑identifient (12 à 15 ans) à trouver un espace en ligne pour elles et à naviguer le paysage virtuel (de façon sécuritaire, créative et responsable). Le programme utilise le jeu numérique et la production médiatique pour explorer de façon créative et cruciale ce terrain numérique.

Essentiellement, le programme #HerDigitalVisions vise à mobiliser les jeunes « là où ils en sont » pour comprendre comment mieux soutenir leur littératie médiatique et numérique. Pour ce faire, nous investissons dans le développement de leur regard médiatique critique et de leurs « instincts Internet » raisonnés, lesquels peuvent croître avec les jeunes, plutôt que de leur dire comment ils devraient se comporter. Un bon jugement et une pensée critique peuvent être appliqués en ligne et hors ligne, et leur valeur dépassera à long terme toute règle statique établie dans un monde numérique qui évolue rapidement.

En 2016, le programme #HerDigitalVisions est devenu un programme parascolaire qui a attiré 15 participants dans le cadre de 18 ateliers qui ont eu lieu entre février et juin. En tant que coordonnatrice du programme, j’ai facilité le programme auprès de 13 mentors invités spéciaux qui ont partagé leurs perspectives uniques et leurs compétences dans le cadre du programme. Grâce à une telle équipe, les ateliers ont pu couvrir une vaste gamme de compétences et de perspectives, y compris des sujets comme la cinématographie, les campagnes dans les médias sociaux, la vérité en ligne, le codage, la facilitation d’ateliers, la recherche, et la citoyenneté numérique.

Ce printemps, les participants au programme #HerDigitalVisions :

  • ont créé trois vidéos au cours de cinq séances;
  • ont créé en collaboration un atelier d’éducation numérique de 60 minutes;
  • ont appris les principes de base de la facilitation;
  • ont offert leur atelier à des pairs dans des classes de Vancouver et d’autres lieux;
  • ont fait des recherches sur le programme lui-même pour aider à structurer les futurs programmes d’éducation numérique.

Puisque nous savons que de suivre le rythme des jeunes et de la technologie nécessite une écoute et une innovation constantes pour rester connectés et demeurer pertinents, le programme #HerDigitalVisions continue de se transformer alors qu’AMES en apprend davantage auprès de chaque groupe de participants.

Plutôt que de compter simplement sur des évaluations écrites, nous avons réalisé une recherche participative dans le cadre du programme afin que les filles participent à la collecte de données et à l’émission de conclusions. Ainsi, les conclusions sur le programme se fondaient sur les expériences et l’expertise des participants eux-mêmes. (Pour de plus amples renseignements sur nos conclusions, communiquez avec nous à l’adresse herdigitalvisions@gmail.com.)

Les choses que nous avons apprises du chapitre du printemps 2016 du programme #HerDigitalVisions ont directement guidé la structure qu’adoptera le programme cet automne. Les questions explorées lors de la recherche participative incluaient les suivantes : Quel élément a eu le plus grand impact sur les participants? Selon vous, quelles étaient les parties les plus importantes du processus et pourquoi?

Lorsque des décisions difficiles doivent être prises dans le cadre du programme, la rétroaction des jeunes peut aider à déterminer les éléments qui doivent demeurer et ceux qui doivent être éliminés. Cette mesure fait partie de la centralisation des voix des jeunes au sein de la structure du programme elle-même, en plus de la prise de connaissance des commentaires formulés par les jeunes par le biais du contenu du programme.

En novembre prochain, le programme #HerDigitalVisions lancera une chaîne YouTube que nous créerons ensemble lors des ateliers hebdomadaires, et les jeunes acquerront des connaissances clés sur les médias, le numérique et la pensée critique. La chaîne permettra aux participants de passer plus de temps à filmer, de loin une activité préférée, et leur offrira un exutoire pour réagir à ce qu’ils apprennent, que cette réaction consiste à partager ou à interpréter ces renseignements ou à en faire la critique. Nous centrons également les conversations sur le pouvoir, les inégalités et l’habilitation en nous fondant sur la rétroaction des participants. Ces conversations permettent notamment de comprendre les médias et d’utiliser ces nouveaux outils pour faire de la place et défendre des intérêts. De façon plus générale, les participants ont clairement indiqué que l’impact du programme reposait sur la création d’un espace amusant où les participants se sentaient acceptés plutôt que jugés, et où les mentors pouvaient parler par expérience et pas seulement à partir d’un manuel. Cette ligne directrice aide à appuyer la façon dont nous exploitons nos programmes et l’environnement que nous créons.

Nous demandons aux jeunes de venir nous voir et d’élargir leur monde en notre compagnie. Toutefois, en tant qu’organisme, notre monde s’élargit chaque fois que nous exploitons un programme également. Nous découvrons ce à quoi les jeunes réagissent, ce qu’ils ratent, ce qu’ils vivent, et dans quelle mesure nous pouvons avoir un impact. Il s’agit d’un nouveau monde médiatique et nous y sommes engagés ensemble.

Plus de renseignements sur AMES

AMES est un organisme sans but lucratif de la côte ouest qui utilise les médias numériques, la collaboration artistique et la facilitation créative pour inviter les jeunes marginalisés à adopter des pratiques de narration transformatrices sur le plan personnel et social. Notre approche est ancrée dans les valeurs de la créativité, de l’accessibilité, de la diversité et de l’inclusivité. Notre programme vise à offrir des modèles dynamiques de production et de sensibilisation culturelles communautaires qui entraînent le développement concret des compétences et la création d’œuvres qui incitent au dialogue, élargissent les horizons, et favorisent des visions imaginatives du changement. L’organisme a renforcé sa croissance en s’engageant à donner aux jeunes qui ont été poussés en marge de la société les outils nécessaires pour « reprendre les médias » et raconter leurs propres histoires. Vous trouverez des renseignements supplémentaires sur notre site Web.

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