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Archives des articles - 2009

Résoudre le dilemme soulevé par la protection de la vie privée : Comment parents et enseignants peuvent aider les jeunes à gérer les enjeux liés au marketing en ligne et à la protection de la vie privée sur Internet

Imaginez ce qui suit : on vous remet un curriculum vitae sur lequel il est écrit : 2002-2006 – Université. J’étais ivre et je me suis laissé photographier nue dans des poses suggestives. 2007-2008 – Premier emploi. Prétextant être malade, je me suis absentée du bureau pour aller faire la fête. Ou encore... Dans un restaurant, un enfant répond aux questions de la caissière, déclinant sans retenue son nom, son adresse, son numéro de téléphone et ses collations préférées sans oublier de fournir la même information sur tous ses amis. Ça semble invraisemblable ! Pourtant, ces scénarios sont à peine exagérés lorsqu’on prend conscience du flot d’informations personnelles divulguées régulièrement par nos jeunes, sur le Net. Ces situations semblent peut-être fort différentes mais elles découlent d’une série de mauvaises habitudes, toutes les mêmes.

De nos jours, être branché sur Internet devient monnaie courante à la maison comme au bureau. C’est pourquoi les jeunes d’aujourd’hui doivent acquérir des connaissances et adopter des comportements nouveaux, inexistants chez les générations précédentes. La toute première habileté à acquérir est sans contredit la gestion et la protection de leur vie privée – ou le contrôle de la divulgation et la diffusion de leurs renseignements personnels en ligne. Le monde d’Internet a ceci de paradoxal que nous sommes attirés par l’anonymat qu’il nous procure mais nous l’utilisons pour attirer l’attention sur nous. Ce sentiment d’anonymat est trompeur car il nous fait oublier les mille et une stratégies conçues pour nous soutirer en douce nos informations personnelles – des méthodes publicitaires qui font l’envie des médias traditionnels.

Les parents et éducateurs commencent à prendre conscience des enjeux liés à la protection de la vie privée des adolescents qui se créent une identité virtuelle . Mais ce que les adultes ignorent, c’est que les mauvaises habitudes que les jeunes adoptent et qui les incitent à manquer de jugement lors d’activités sur Facebook ou YouTube prennent racine dès le plus jeune âge et qu’il existe bel et bien des industries dont la mission première est d’enseigner aux enfants à divulguer leurs informations personnelles.

La protection de la vie privée et la publicité dans les sites destinés aux enfants

Pour un jeune, Internet est un environnement commercial très envahissant. Dans son enquête menée en 2005, Jeunes Canadiens dans un monde branché, le Réseau Éducation-Médias (le Réseau) démontre que dans 95 % des cas, les sites préférés des jeunes ont un contenu commercial mais peu d’entre eux en prennent conscience. Deux-tiers des jeunes de ce groupe qui s’adonnent aux « publijeux » – des jeux en ligne avec contenu publicitaire intégré – n’y ont vu que du feu et des jeux… mais pas la moindre publicité !

Nos enfants sont exposés à ce monde virtuel dès leur plus jeune âge – parfois dès l’âge de deux ans selon l’étude Like Taking Candy From a Baby: How Young Children Interact with Online Environments du Dr. Warren Buckleitner (2008). Ils sont rapidement immergés dans un flot incessant de logos et d’annonces publicitaires. Buckleitner affirme que la très grande majorité des sites destinés aux enfants font appel à diverses techniques de promotion pour mousser une marque. Certaines sont subtiles (le logo de Webkinz placé sur le balai-nettoyeur d’un jeu de quilles) mais d’autres sont plus affirmées (le logo des Rescue Pets qu’on retrouve à l’endos de chaque carte, dans une version en ligne du jeu « Concentration »). Quand nos enfants sont exposés à une telle avalanche d’annonces publicitaires dès leur plus jeune âge, il est possible qu’ils ne sachent plus reconnaître la nature commerciale des sites qu’ils visitent et ce, même lorsqu’ils ont grandi. La recherche démontre qu’un enfant de six ans est tout simplement incapable de comprendre la notion même de publicité et que, le jour où il aura atteint la maturité nécessaire pour déceler un contenu publicitaire, il aura déjà adopté ce monde fait de logos et de mascottes.  

Les publicitaires en ligne ont mis au point une panoplie de stratégies qui plongent l’enfant dans un contenu commercial. Mais Internet leur offre plus encore puisqu’ils profitent aussi de cette qualité que les médias traditionnels n’ont pas – le caractère interactif d’Internet qui incite les jeunes à entrer en contact avec la cyberpublicité. Une étude menée en 2008 par le Mediamark Research and Intelligence nous apprend que près de la moitié des enfants, âgés de 6 à 11 ans, ont volontairement visité un site dont le lien apparaissait dans une annonce parue dans un autre média. En d’autres mots, la traditionnelle capsule publicitaire de 30 secondes devient maintenant la porte d’entrée pour nous attirer vers un site commercial richement documenté et conçu pour nous entraîner et nous immerger dans son contenu publicitaire interactif.

Les activités interactives en ligne attirent et retiennent l’attention de l’enfant. Mais elles vont plus loin. Elles lui permettent de participer volontairement à des sondages, véritable mine d’or pour les publicitaires qui, par le passé, obtenaient ces données à grands frais. Dans la majorité des sites publicitaires destinés aux enfants, on accède gratuitement à une partie du contenu. Mais pour avoir accès au contenu le plus amusant, l’enfant devra payer ou s’inscrire. Or, on peut rarement s’inscrire en ligne sans fournir une information personnelle et démographique qui sera ensuite utilisée pour cibler la création et l’envoi de publicité massive.

Outre l’inscription, ces sites emploient d’autres techniques pour inciter l’enfant à divulguer ses informations personnelles. Lorsqu’il navigue dans un site populaire comme Neopets, l’enfant est fortement encouragé à participer à des sondages habituellement conçus pour recueillir des données sur ses habitudes de consommation – ses friandises ou ses céréales préférées. En échange, l’enfant qui répond au sondage obtient des « néopoints » qui seront utilisés pour acheter des articles pendant le jeu. On lui apprend ainsi à consommer dès son plus jeune âge. Cette technique est largement utilisée dans la grande majorité des sites destinés aux enfants ; elle enseigne à nos petits à échanger leurs informations personnelles contre des prix et des  avantages.

La génération des réseaux de communautés virtuelles : troquer nos renseignements personnels contre un peu d’attention

Depuis toujours, défier le règlement est le propre de l’adolescence. Mais de nos jours et comme jamais auparavant, l’adolescence débute plus tôt et s’achève plus tard au cours d’une vie. Autre différence marquée, la présence d’Internet. Nos adolescents baignent dans un monde virtuel et  surtout interactif – des caractéristiques inexistantes dans les autres médias : non seulement nos jeunes reçoivent des messages mais ils peuvent aussi en émettre. Contrairement au téléphone, seul autre média à double sens, Internet leur permet d’atteindre un nombre infini de personnes simultanément. Voilà pourquoi Internet est si attrayant. Mais il engendre, par la même occasion, ce que nous appelons le dilemme lié à la protection de la vie privée : plus nous participons aux activités en ligne, plus nous risquons de mettre en péril notre capacité à protéger notre vie privée.

Pendant l’adolescence, on cherche désespérément à attirer l’attention. Dès qu’un adolescent s’inscrit dans un site comme Facebook, il met à profit les apprentissages faits sur des sites comme Neopets. Le rapport intitulé Social Networking: A quantitative and qualitative research report into attitudes, behaviours and use, rédigé par l’Office of Communications of the United Kingdom (2008), révèle que 41 % des enfants âgés de 8 à 17 ans ayant des profils accessibles au public dans un site de communauté virtuelle divulguent des informations personnelles comme leur adresse électronique, leur numéro de téléphone ou leur adresse postale. 

Il est hasardeux de divulguer nos informations personnelles. Mais il est encore plus inquiétant de voir des jeunes échanger consciemment ces renseignements dans le seul but d’attirer l’attention : ils affichent sur le Net des photos, des vidéos, des messages qui risquent de les plonger dans une situation fort embarrassante, humiliante et parfois même illégale. Une nouvelle tendance consiste à s’afficher nu ou dans des poses suggestives sur le Net. Un certain nombre de jeunes – plusieurs cas ont été amenés sur la place publique – furent accusés d’avoir distribué du matériel pornographique juvénile après avoir envoyé, via le courriel, des photos compromettantes les représentant eux ou leur petit-e ami-e. Mais le cas le plus courant est sans contredit de voir nos photos de nature très privée tomber entre les mains d’une personne malveillante...et de vivre l’humiliation qui s’ensuit. Le Dr. Faye Mishma de l’Université de Toronto a mené une recherche qui démontre qu’étaler sur la place publique un message privé est une forme de cyberintimidation fort répandue. Cette pratique risque de s’étendre davantage depuis la prolifération des téléphones cellulaires munis de caméra.

Tout ce qui est affiché sur Internet risque d’y rester longtemps, sinon à jamais. Tout ce qu’on y trouve peut être copié et distribué sans fin...même après le retrait des documents originaux – bref, on risque de voir circuler une information gênante encore longtemps sur le Net. Les conséquences sont parfois désastreuses : une étudiante de l’Université Millersville, en Pensylvanie, en a payé le prix lorsqu’on a refusé de lui remettre son diplôme d’enseignante parce qu’elle avait affiché sur le Net une photo d’elle, intitulée « Pirate ivre » ; on l’accusait d’avoir fait la promotion de l’abus d’alcool. Mais la conduite la plus cavalière, en matière de protection de vie privée, on la doit sans doute à ce jeune interne à l’Anglo Irish Bank qui, dans un courriel envoyé à son patron, dit devoir s’absenter « parce qu’une situation imprévue le retient à la maison ». Mais ce jeune homme a l’audace d’afficher sur sa page de Facebook  une photo de lui, prise le même jour, arborant son déguisement à l’occasion d’un « party costumé ».

Enseigner la gestion de la protection de la vie privée

Nous venons de voir différentes situations ayant trait à la protection de la vie privée sur le Net – un enfant de six ans divulgue son nom, son âge et sa friandise préférée en répondant à un sondage sur le site Neopets ; une fillette de 13 ans affiche sur sa page MySpace des photos d’elle dans des poses suggestives ; un jeune adulte est persuadé que personne ne fera le lien entre son absence au travail et ses activités de fêtard – différents scénarios mais un seul fil conducteur, l’incapacité à savoir gérer et protéger ses informations personnelles.

Tout comme les jeunes, les adultes et les éducateurs ne savent pas comment protéger leur vie privée sur le Net, ils ignorent tout des stratégies et des outils mis à leur disposition pour ce faire. Et pour tout dire, il n’est pas de tout repos de tenter d’enseigner aux jeunes (et surtout aux adolescents) à protéger leurs informations personnelles. Nous le savons, c’est le propre de l’adolescent de vouloir attirer l’attention. Il n’en a que faire de protéger sa vie privée. En fait, oui, il veut protéger sa vie privée - mais non pas de ses amis, de ses copains en ligne ou de ses éventuels employeurs – seulement de ses parents et de ses éducateurs.

La clé pour déjouer tous les obstacles rencontrés sur le Net est d’acquérir un esprit critique, que ce soit pour mener des recherches sur le Net pour faire ses devoirs ou pour négocier des amitiés en ligne. Un esprit critique est aussi la base en matière de protection de la vie privée. Il serait vain de chercher à convaincre les jeunes de ne jamais divulguer d’information personnelle sur le Net. Mais nous pouvons leur apprendre à s’interroger sur les intentions des personnes ou des entreprises qui veulent obtenir leurs renseignements personnels. Nous pouvons leur expliquer comment leurs actions peuvent porter atteinte à leur vie privée.

Le Réseau, en collaboration avec le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, a créé un ensemble de ressources pédagogiques sur le thème de la protection de la vie privée afin de seconder les éducateurs désireux d’enseigner aux jeunes à développer un esprit critique face aux enjeux soulevés par Internet. Dans la série La Toile et les jeunes, on retrouve l’atelier de perfectionnement professionnel Jeunes à vendre où l’enseignant se familiarise avec les grands enjeux liés à la protection de la vie privée et au marketing, découvre les outils d’intervention ainsi que les ressources pédagogiques. La série, qui comporte deux leçons, peut être téléchargée gratuitement sur les sites du Réseau ou du Commissariat. Conçues pour les jeunes de la 7e à la 12e année, ces leçons portent sur l’art de trouver l’équilibre entre le fait de protéger sa vie privée et celui de maintenir une vie active sur le Net.

Quand les enfants comprennent les enjeux liés à la vie privée, ils sont prêts à recevoir les outils mis à leur disposition pour protéger leurs informations personnelles. La recherche nous apprend que les internautes qui naviguent dans les sites de communautés virtuelles – enfants comme adultes – ajustent rarement les paramètres de confidentialité de leurs profils ; de plus, le choix par défaut est à son niveau le plus bas dans la majorité de ces sites. Il suffirait de quelques modifications mineures pour réduire substantiellement le nombre potentiel d’observateurs en ligne tout en maintenant l’accès aux véritables amis de l’internaute. (Dans la série de leçons sur la protection de la vie privée créée par le Réseau, on retrouve des documents d’accompagnement avec conseils pratiques pour procéder aux modifications des paramètres de confidentialité avant de naviguer sur Facebook.)

Nous devons apprendre aux enfants à reconnaître le caractère commercial de certains sites Web. Le Réseau offre des ressources conçues pour les petits de cinq ans à peine, et leur enseignent à discerner les ruses publicitaires et les techniques utilisées aux fins de sondage. Parmi ces outils, notons Co-Co's AdverSmarts: An Interactive Unit on Food Marketing on the Web qui montre de quelle manière les sites commerciaux ciblent les jeunes enfants en intégrant de la publicité dans les jeux et les divertissements.

Le parent joue un rôle de tout premier plan : il doit à tout prix en prendre conscience et s’impliquer activement dans la vie en ligne de son enfant. Plutôt que d’accepter tout bonnement l’appel à la consommation de sites comme Neopets, par exemple, qui nous pousse constamment à vouloir acquérir de plus en plus de produits, le parent peut profiter de l’occasion qui se présente pour inciter l’enfant à s’interroger sur les messages qu’il reçoit. À mesure que l’enfant grandit, le parent peut l’aider à développer son sens critique en lui faisant remarquer que bien souvent, on semble lui offrir gratuitement des produits – comme obtenir des « néopoints » en répondant à un sondage – mais, qu’en réalité, il le paie cher en donnant ses renseignements personnels.

Toutefois, il existe également des sites destinés aux enfants, sans contenu publicitaire ou presque, plus respectueux de la vie privée et qui, dans l’ensemble, offrent une meilleure expérience au jeune internaute. Selon l’étude de Buckleitner, les sites Sesame Street et PBSKids renferment le meilleur contenu pédagogique. Par ailleurs, le site Club Penguin, qui est exempt de toute publicité et exige de l’enfant qu’il s’inscrive pour avoir accès à tout le contenu, offre une des expériences en ligne des plus satisfaisantes.

Contrairement à la croyance populaire, les jeunes et même les adolescents modifient leurs habitudes de navigation lorsque les parents établissent un code de conduite en ligne à la maison. Dans notre enquête Jeunes Canadiens dans un monde branché, on découvre que le seul fait d’inscrire une règle interdisant de divulguer son nom véritable et son adresse sur le Net diminue de 25 % les risques d’un tel comportement ; de son côté, l’étude Nearly One-Half of Kids Report Being Drawn to Websites by TV or Print Advertisements menée par MediaMark établit un lien étroit entre les jeunes visitant des sites Web apparaissant dans des publicités et l’absence d’un code de conduite en ligne à la maison.

Les parents doivent non seulement participer activement à l’éducation des jeunes mais aussi encourager certaines entreprises pour leurs actions positives. Selon la loi canadienne et américaine, les entreprises peuvent faire du recueil d’informations en ligne mais en respectant certaines limites (aux États-Unis, ces limites sont plus sévères lorsque les renseignements proviennent d’enfants). De plus, la majorité d’entre elles affichent sur leur site une politique de confidentialité expliquant dans le détail la nature de l’information recueillie et l’usage qu’on en fait. Malheureusement, ces politiques sont habituellement rédigées dans un style fort complexe et incompréhensible et ce, même dans des sites destinés aux enfants. Nous avons étudié les politiques affichées dans les cinquante sites les plus populaires auprès des enfants et, dans l’ensemble, ces textes empruntent un langage de niveau universitaire. En 2007, le Commissariat de la protection de la vie privée du Canada publiait son rapport, Broken Doors: Strategies for Drafting Privacy Policies Kids Can Understand dans lequel on énumère quatorze conseils pratiques visant à vulgariser les politiques de confidentialité et de vie privée – mais c’est à nous d’encourager le monde des affaires à passer à l’action pour changer les choses.

Il existe également des directives de protection de la vie privée en ligne qui s’adressent spécifiquement aux entreprises. Ces dernières peuvent choisir volontairement de s’y conformer ; mais vous pouvez communiquer avec les dirigeants des sites favoris de votre enfant et leur demander de respecter ces directives. Ainsi, l’Association canadienne de marketing (ACM) a rédigé un Code de déontologie avec directives sur le marketing destiné aux enfants, dans lequel on interdit tout recueil d’informations auprès d’enfants de moins de 13 ans sans le consentement du parent ou tuteur. Dans son atelier Jeunes à vendre, le Réseau offre une liste de vérification qui aide l’enfant à identifier les sites qui se conforment à ces directives dans leur politique de confidentialité et de collecte d’informations.

On a parfois le sentiment de ramer à contre-courant lorsqu’on tente d’enseigner aux enfants à protéger leur vie privée. Il est vrai que les vents contraires sont puissants : manque de jugement et désir d’attirer l’attention, chez les adolescents, sans parler d’une industrie dont le but premier est d’entraîner les enfants à ne pas de soucier de la protection de leur vie privée. Mais ce n’est pas mission impossible. Dès que l’enfant commence à naviguer sur le Net, nous devons lui enseigner à protéger ses informations personnelles ; ainsi, nous pouvons aider notre jeune internaute à prendre des décisions sages et éclairées en ligne et lui éviter que des gestes irréfléchis ne viennent ensuite le hanter.

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Le Réseau Éducation-Médias (le Réseau) est un organisme canadien sans but lucratif, reconnu pour son expertise en éducation aux médias. Il a pour objectif de veiller à ce que les enfants et les jeunes acquièrent l’esprit critique et les outils nécessaires pour comprendre les médias et s’en servir judicieusement. Les programmes du Réseau sont financés par des parrains, donateurs et partenaires des secteurs public et privé, dont CTVglobemedia • Canwest • TELUS • L’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet • CTV • l’Office national du film du Canada • le gouvernement du Canada.


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